Dessine-moi...ma planète

Désarmons les canons à neige !

le 07/06/2008 à 01h40
Nos stations de ski doivent faire face à un caprice inadmissible de la nature : celle-ci, bien peu aimable, refuse souvent d’enneiger nos stations aux jours fixés un an à l’avance par l’Administration. Heureusement, une fois encore, l’Homme a su réagir et faire preuve d’une étonnante capacité de défense face à cette intolérable agression.
Des ingénieurs ont en effet inventé une arme redoutable : le canon à neige.
Grosse Bertha des montagnes.
Pour faire de la neige, il faut avant tout de l’eau. Notre canon en consomme en quantité, environ 40 m3 par heure, 4000m3 pour un seul hectare enneigé, soit un volume comparable à celui requis pour l’irrigation d’une culture comme le maïs dans le sud-ouest.
Il faut donc construire des retenues collinaires pur pallier le manque d’eau, bouleversant des écosystèmes fragiles. Afin de produire de la neige malgré le réchauffement climatique, on rajoute un additif à base de bactéries comme le « snowmax ». Or, une étude du Cemaref (Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement) a montré que si l’on mélange ces protéines avec une eau trop chargée en micro-organismes, ces derniers prolifèrent ! Avec quels risques pour la santé humaine et animale ? Personne n’en sait rien.
Il faut donc stériliser l’eau qui servira aux canons à neige.
Le bruit généré la nuit (65 décibels) et, bien sûr la consommation d’énergie sont impressionnants, mais qu’importe : la neige miraculeuse est là, au rendez-vous de la grande migration hivernale des visages pâles. Mais il y a beaucoup plus grave.
Un jour ou l’autre, le skieur peut- être l’innocente victime d’une violente atteinte au fondement même de son intégrité physique : de l’effrayant syndrome des fesses froides sur télésiège. Face à ce risque majeur de santé publique, la station de ski des Karellis, en Savoie, propose le premier télésiège équipé de sièges chauffants. Mais ceci n’est rien à côté de ce qui surgit à Dubaï : l’émirat a construit sous un dôme gigantesque une piste de ski en plein désert.
Une vraie piste, avec remonte-pente, authentique monitrice venue des Pyrénées et restaurant à fondue savoyarde. Vous adorerez Dubaï et ses dunes de neige. La nature nous résiste, Qu’importe, rectifions l’environnement. Plaisir de l’homme ou respect de la nature, cruel dilemme.
La France s’est engagée depuis 1975 dans un vaste programme électronucléaire dont une des conséquences a été le développement sans frein du chauffage électrique : 70% des constructions neuves en sont équipées dont 60 % pour le chauffage électrique à effet joule (convecteurs, radiants, plafonds rayonnants, planchers chauffants, chaudières électriques).
Or, en matière d’émission de CO2, le chauffage électrique est-il vraiment, comme la lessive de Coluche, « plus blanc que blanc… transparent ! » ?
Essayons d’éclaircir ce sujet complexe.
En hiver, les convecteurs, les radiants ou les pompes à chaleur tirent d’autant plus sur le réseau électrique qu’il fait plus froid : 1300 millions de watts en plus pour un seul degré en moins ! Or l’électricité ne se stocke pas. Il faut donc que le gestionnaire du réseau équilibre à tout instant consommation et production, et fournisse les kWh manquants sous peine de coupures. Et ça, nos centrales nucléaires savent très mal le faire : elles ne fonctionnent que pour des usages non saisonniers, pour produire la base des consommations électriques.
Alors, lorsque la bise fut venue, la fée Electricité se trouva fort dépourvue.
A tel point qu’elle est obligée d’importer au prix fort du courant de nos voisins et de construire de nouvelles centrales capables de réagir rapidement aux usages saisonniers tel le chauffage électrique.
EDF, Electrabel ou Suez ont ainsi 26 nouvelles centrales en projet pour une puissance totale de 7 EPR ! Le hic, c’est que ces centrales fonctionnent au gaz naturel, au grand ravissement de Poutine et de Khadafi, mais pas de la planète : une centrale gaz de ce type émet entre 500 et 900 gde CO2 par kWh électrique produit. Pire, quelques centrales fonctionnent avec des énergies fossiles. Pourtant avec ce même gaz naturel, amené directement à domicile, on peut se chauffer. D’où une question naïve : est-ce que par hasard, on n’émettrait pas moins de CO2 en utilisant directement ce gaz avec une chaudière à haut rendement qu’en le brûlant dans une centrale thermique pour alimenter ensuite un chauffage électrique ?
Bingo ! La réponse est sans appel : un kWh consommé par du chauffage à effet joule émet autant voire plus de CO2 qu’une chaudière gaz performante. Le recours à la pompe à chaleur sur l’air améliore peu le tableau : par grand froid son rendement s’écroule.
A 700 g par kWh, on est loin, très loin, des180 g par kWh officiellement retenus pour la réglementation thermique ou le diagnostic de performance énergétique. Or très bizarrement, ce rapport semble gelé depuis des mois comme un honteux secret de famille.
Si l’instrument de mesure des médecins du Grenelle est foireux, leur ordonnance sera celle des Diafoirus de Molière : un petit lavement au lieu du traitement de choc.

Les grands panneaux photovoltaïques en sur-toiture ne sont pas du meilleur effet, particulièrement dans les régions où domine la tuile rouge.
Pour peu que votre habitation se situe dans le périmètre d’un monument classé, alors vous aurez affaire à l’architecte des Bâtiments de France pour votre déclaration de travaux préalable.
Une solution s’offre à vous : tuiles photovoltaïques. Plus petites que les panneaux solaires classiques, elles peuvent remplacer une partie de votre toiture, même si les cellules restent de couleur grise ou bleu foncé. Comme pour les installations photovoltaïques classiques, les tuiles solaires permettent de bénéficier d’aides de l’Etat, et le courant peut-être vendu à Edf.
La partie investissement est subventionnée via un crédit d’impôt de 40% (calculée hors main d’œuvre). Certaines régions, départements voire communes participent également.
Le total des aides peut parfois aller jusque 80% de l’investissement initial.

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation